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Guide E-reporting Restauration

E-reporting 2027 :
votre caisse est-elle prête ?

À partir du 1er septembre 2027, les ventes aux particuliers des PME et TPE devront être transmises à l'administration via une plateforme agréée. Ce que cela change pour la caisse du restaurateur, et comment s'y préparer.

E-reporting : ce qui attend le restaurateur en 2027

Un restaurateur vend surtout à des particuliers, et ces ventes ne donnent pas lieu à facture. Avec la réforme de la facturation électronique, elles devront pourtant être transmises à l'administration fiscale : c'est l'e-reporting. Deux flux sont prévus : les données des ventes (CGI, art. 290) et les données de paiement (CGI, art. 290 A). Ils passent par une plateforme agréée choisie par l'entreprise.

Cette obligation s'appliquera aux restaurants des PME et des TPE à compter du 1er septembre 2027, dans le cadre de la réforme de la facturation électronique. Un restaurant qui encaisse ses clients particuliers devra alors transmettre ses données de ventes et d'encaissements, et c'est la caisse qui les produit : elle doit donc être adaptée, et la question se pose avant de renouveler ou de paramétrer votre matériel.

Deux flux
Ventes + paiements
Transmis à l'administration pour vos clients particuliers
  • Données des ventes : base hors taxe et TVA par taux (CGI, art. 290)
  • Données de paiement : montant encaissé par taux de TVA (art. 290 A)
  • Transmission par une plateforme agréée de votre choix
PME et TPE
1er sept. 2027
Date d'application pour la restauration
  • Applicable aux restaurants des PME et des TPE à cette date
  • La caisse produit les données : elle doit être adaptée
  • Réception des factures électroniques déjà obligatoire depuis le 1er septembre 2026
Sanctions
250 €
Par transmission manquante, dans la limite de 15 000 € par an
  • Limite applicable à chacune des deux obligations (ventes et paiements)
  • Aucune amende avant que l'obligation ne s'applique à vous
  • Première infraction réparée dans les 30 jours : pas d'amende

Sources : CGI, art. 290, 290 A et 1788 D · annexe II du CGI, art. 242 nonies M, O et P · FAQ de la DGFiP

E-reporting, factures électroniques et caisse sécurisée

Trois obligations voisines, qu'il ne faut pas mélanger :

Le calendrier à retenir

DateEntreprises concernéesObligation
1er septembre 2026Toutes les entreprisesRéception des factures électroniques
1er septembre 2026Grandes entreprises et ETIÉmission des factures électroniques et e-reporting
1er septembre 2027PME et TPEÉmission des factures électroniques et e-reporting

Source : FAQ de la DGFiP sur la facturation électronique (version du 1er septembre 2026).

Quelles données un restaurateur doit-il transmettre ?

Les données des ventes aux particuliers

Les données de paiement

À quelle fréquence transmettre ?

La fréquence dépend de votre régime de TVA (annexe II du CGI, art. 242 nonies O pour les ventes et 242 nonies P pour les paiements).

Régime de TVADonnées des ventesDonnées de paiement
Réel normal mensuel3 transmissions par mois1 par mois
Réel normal trimestriel1 par mois1 par mois
Régime simplifié1 par mois1 par mois
Franchise en base1 par bimestre civil1 par bimestre civil

Source : CGI, annexe II, art. 242 nonies O et 242 nonies P. Les échéances sont fixées par arrêté. En l'absence de transaction, aucune transmission n'est requise.

Le rôle de votre caisse

La transmission est faite par la plateforme agréée que vous avez choisie (CGI, art. 290, III). Pour un restaurant, la caisse est la source naturelle des données : la FAQ de la DGFiP indique qu'une « solution compatible », c'est-à-dire connectée à au moins une plateforme agréée, peut transmettre les données.

Concrètement, il faut une caisse capable de produire des données correctement ventilées et de les faire parvenir à la plateforme. Les textes ne nomment pas la caisse, mais sans elle, vous n'avez pas de moyen fiable de transmettre vos ventes aux particuliers.

Quatre questions à poser à votre éditeur

À savoir. Pour la restauration, la catégorie de chaque transaction (livraison de biens ou prestation de services) et le traitement des commandes livrées dépendent de la doctrine de l'administration. Ces points sont à intégrer dans le paramétrage de votre caisse dès qu'elle les précise.

Rapprocher les ventes et les encaissements

Ce que dit le texte

Le texte ne parle pas de « rapprochement » : l'administration reçoit deux flux, les transactions et les paiements, et la plateforme contrôle que les données attendues sont complètes (CGI, annexe II, art. 242 nonies P, II). C'est à l'entreprise de s'assurer que ces deux flux sont cohérents.

Pourquoi le faire quand même

Quelles sanctions en cas de manquement ?

Les sanctions s'appliqueront en même temps que l'obligation : pour les PME et les TPE, pas avant le 1er septembre 2027.

À savoir. L'amende n'est pas appliquée en cas de première infraction commise au cours de l'année civile en cours et des trois années précédentes, lorsque l'infraction a été réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration. Jusqu'au 31 décembre 2026, le texte prévoit 500 € par transmission. Aucune amende d'e-reporting ne peut être appliquée à un restaurant de PME ou de TPE avant que l'obligation ne s'applique à lui.

Comment se préparer

Quatre actions suffisent pour arriver prêt avant septembre 2027.

01
Éditeur

Interrogez votre éditeur de caisse

Connexion à une plateforme agréée, ventilation par taux de TVA, séparation des ventes et des encaissements : demandez des réponses écrites.

02
TVA

Vérifiez la ventilation des taux

Une caisse mal paramétrée transmettra des données fausses. Contrôlez les taux sur place, à emporter et en livraison, avec notre guide TVA.

03
Plateforme

Choisissez une plateforme agréée

La transmission passe obligatoirement par une plateforme agréée de votre choix. Prenez le temps de comparer avant septembre 2027.

04
Comptabilité

Organisez le rapprochement mensuel

Comparez chaque mois les ventes de la caisse, les encaissements bancaires et vos écritures, pour repérer les écarts avant qu'ils ne soient transmis.

Cas pratiques

Quelle est votre situation ?

🍽️

Vous encaissez surtout des particuliers

Vos ventes en salle, à emporter ou en livraison à des clients non assujettis à la TVA relèvent de l'e-reporting (CGI, art. 290). C'est le cas de la plupart des restaurants.

→ Concerné à partir de septembre 2027
🥂

Vous facturez des entreprises

Banquets, privatisations, traiteur pour des clients professionnels français : ces ventes donnent lieu à des factures, qui relèvent de la facturation électronique et non de l'e-reporting des ventes aux particuliers.

→ Facture électronique à partir de septembre 2027
🛵

Vous vendez via une plateforme de livraison

D'après la FAQ de la DGFiP, l'obligation pèse sur l'entreprise qui utilise la plateforme, pas sur la plateforme elle-même. Le traitement détaillé des commandes livrées doit encore être précisé par l'administration.

→ L'obligation reste la vôtre
🧾

Votre caisse n'est pas connectée

Sans connexion à une plateforme agréée, votre caisse ne pourra pas transmettre vos données. Interrogez votre éditeur sur sa feuille de route et obtenez sa réponse par écrit.

→ À traiter avant septembre 2027

Ce qu'il faut retenir. (1) L'e-reporting concernera les PME et les TPE à partir du 1er septembre 2027. (2) Les ventes aux particuliers et les encaissements doivent être transmis à l'administration par une plateforme agréée. (3) C'est la caisse qui produit les données : elle doit ventiler les ventes par taux de TVA et être connectée à une plateforme agréée. (4) L'amende est de 250 € par transmission, plafonnée à 15 000 € par an et par obligation, une fois l'obligation applicable.

Questions fréquentes

Vos questions sur l'e-reporting du restaurateur

Qu'est-ce que l'e-reporting, concrètement ? +
C'est la transmission à l'administration fiscale de données de vos ventes et de vos encaissements, lorsque ces opérations ne donnent pas lieu à une facture électronique : essentiellement vos ventes à des clients particuliers. Il y a deux flux : les données de transaction (CGI, art. 290) et les données de paiement (CGI, art. 290 A). Elles transitent par une plateforme agréée que vous choisissez.
Mon restaurant est-il concerné par l'e-reporting ? +
Oui, dès que vous réalisez des ventes au profit de clients particuliers, c'est-à-dire de personnes non assujetties à la TVA (CGI, art. 290). Ces ventes devront être transmises à l'administration par l'intermédiaire d'une plateforme agréée. Les ventes à des clients professionnels, elles, donnent lieu à des factures électroniques.
À partir de quand dois-je transmettre mes données ? +
Pour les PME et les TPE, l'e-reporting s'applique à compter du 1er septembre 2027, d'après le calendrier publié par la DGFiP. L'obligation de recevoir des factures électroniques, elle, s'applique à toutes les entreprises depuis le 1er septembre 2026. Les grandes entreprises et les ETI sont soumises à l'e-reporting depuis cette date.
Dois-je changer de logiciel de caisse ? +
Pas nécessairement : la loi ne nomme pas la caisse. Mais c'est elle qui produit vos données de ventes et d'encaissements, et il faut un moyen de les transmettre à une plateforme agréée : demandez à votre éditeur si sa solution est compatible, c'est-à-dire connectée à au moins une plateforme agréée (FAQ de la DGFiP). Si elle ne l'est pas et ne le sera pas, il faudra en changer avant septembre 2027.
Quelle amende en cas de défaut de transmission ? +
250 € par transmission, dans la limite de 15 000 € par an et par obligation (CGI, art. 1788 D, version en vigueur à partir du 1er janvier 2027), une fois l'obligation applicable, soit à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et TPE. Aucune amende en cas de première infraction réparée spontanément ou dans les trente jours suivant la demande de l'administration.
Les plateformes de livraison feront-elles l'e-reporting à ma place ? +
D'après la FAQ de la DGFiP, l'obligation pèse sur l'entreprise qui utilise la plateforme, pas sur la plateforme elle-même. Le détail de ce qu'un restaurateur doit déclarer pour ses commandes livrées dépend de la doctrine de l'administration : ce point est à intégrer dans le paramétrage de votre caisse dès qu'elle le précise.
Quelle différence avec la facture électronique ? +
La facture électronique concerne vos ventes à des clients professionnels établis en France : la facture transite par une plateforme agréée. L'e-reporting concerne ce qui n'est pas facturé, essentiellement vos ventes aux particuliers, et vos encaissements. Un restaurateur est souvent concerné par les deux : voir notre guide de la facture électronique.

Références : CGI, art. 290 (données de transaction), 290 A (données de paiement) et art. 1788 D (sanctions, version du 1er janvier 2027) · CGI, annexe II, art. 242 nonies M, 242 nonies O et 242 nonies P · décret n° 2026-677 du 27 juillet 2026 · loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 123 · ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026 (code des impositions sur les biens et services, art. L. 216-47 et L. 216-48 à partir du 1er janvier 2027) · FAQ et fiches de la DGFiP sur la facturation électronique.

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