Si vous encaissez vos clients avec un logiciel ou un système de caisse, la loi impose qu'il soit sécurisé et que vous puissiez le prouver. Voici ce que le texte exige, ce que l'administration contrôle et comment vérifier votre caisse.
Si vous vendez à des clients particuliers et que vous enregistrez leurs règlements avec un logiciel ou un système de caisse, la loi impose que ce logiciel remplisse quatre conditions : inaltérabilité, sécurisation, conservation et archivage des données (CGI, art. 286, I, 3° bis). Et vous devez pouvoir le prouver, en présentant soit un certificat délivré par un organisme accrédité, soit une attestation individuelle de l'éditeur. Un seul des deux suffit.
Le texte ne cite aucune marque de caisse, ni aucune certification par son nom. Ce qui compte, c'est le document que vous détenez pour votre logiciel, dans la version que vous utilisez.
Sources : CGI, art. 286 et 1770 duodecies · BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-10-30 · LPF, art. L. 80 O
Précision. La loi ne vous oblige pas à vous équiper d'une caisse : le choix appartient à chaque assujetti (BOI-TVA-DECLA-30-10-30, § 1). L'obligation s'applique dès que vous en utilisez une.
Le respect des quatre conditions se justifie par l'un ou l'autre de ces documents. C'est un mode de preuve alternatif : un seul suffit (BOFiP, § 270).
| Certificat | Attestation individuelle | |
|---|---|---|
| Qui l'établit | Un organisme accrédité (code de la consommation, art. L. 433-4), à la demande de l'éditeur | L'éditeur du logiciel, selon un modèle fixé par l'administration (BOI-LETTRE-000242) |
| Ce qu'il doit indiquer | Le logiciel ou système concerné, dans la version que vous utilisez | Votre identité (document nominatif), le nom et les références du logiciel, sa version, le numéro de licence s'il en existe un, et la date d'acquisition |
| Qui vous le remet | L'éditeur, à l'achat ou au téléchargement | L'éditeur, à l'achat ou au téléchargement, sur papier ou en ligne |
Mise à jour légale. La possibilité de justifier la conformité par une attestation individuelle de l'éditeur avait été supprimée en 2025. Elle est de nouveau admise à compter du 21 février 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 125 ; BOFiP, § 270). Si vous avez lu qu'une attestation ne suffisait plus, l'information date.
Quelques minutes suffisent pour savoir si vous êtes en règle.
Certificat ou attestation individuelle : l'éditeur doit vous le remettre lors de l'achat ou du téléchargement du logiciel.
Votre identité, le nom du logiciel, sa version, le numéro de licence et la date d'acquisition doivent figurer sur une attestation.
Chaque logiciel ou système où vous enregistrez des règlements doit avoir son certificat ou son attestation, pour la version utilisée.
Lors d'un contrôle, les agents vérifient que vous détenez le justificatif de chacun de vos logiciels de caisse.
L'amende. Ne pas justifier la conformité d'un logiciel ou système de caisse est sanctionné par une amende de 7 500 € par logiciel ou système concerné (CGI, art. 1770 duodecies). Après l'amende, vous disposez de 60 jours pour vous mettre en conformité, à compter de la remise du procès-verbal. Passé ce délai, l'amende s'applique à nouveau.
La conformité ne se limite pas à un document : elle suppose un fonctionnement précis du logiciel. D'après le BOFiP :
Le certificat ou l'attestation prouve que les données sont inaltérables, conservées et archivées. Il ne dit rien du paramétrage de votre caisse. Une caisse peut être parfaitement conforme et appliquer un mauvais taux sur la vente à emporter, la livraison ou les boissons alcooliques. Les taux dépendent de la nature de la vente : consultez notre guide de la TVA en restauration.
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Au 1er janvier 2027, l'obligation du 3° bis du I de l'article 286 du CGI est reprise dans le code des impositions sur les biens et services, à l'article L. 216-40 (ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026). Le nouvel article maintient les conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage, et renvoie à un décret pour préciser les caractéristiques des logiciels et systèmes de caisse. Les caractéristiques exactes attendues des logiciels seront donc fixées par ce décret.
La transmission à l'administration des données de vos ventes aux particuliers s'appliquera aux PME et aux TPE à compter du 1er septembre 2027, par l'intermédiaire d'une plateforme agréée (calendrier de la DGFiP). C'est une obligation distincte de celle de la caisse sécurisée, mais votre logiciel de caisse peut y jouer un rôle. Voir notre article dédié à l'e-reporting du restaurateur.
Si vous encaissez avec un logiciel ou un système de caisse dès le premier jour, l'obligation s'applique dès le premier encaissement. Le document doit être nominatif : il vise votre logiciel et sa version, pas une marque en général.
→ Demandez le justificatif avant d'encaisserLes agents peuvent se présenter sans prévenir. Si vous ne pouvez pas justifier la conformité sur place, un procès-verbal est dressé, et vous disposez de 30 jours pour produire le certificat ou l'attestation.
→ 30 jours pour produire le justificatifLe nouveau logiciel doit être accompagné de son propre certificat ou de sa propre attestation. Les archives de l'ancien doivent rester lisibles par l'administration pendant six ans.
→ Conservez les archives de l'ancien systèmeLa loi ne vous oblige pas à vous équiper d'une caisse. L'obligation s'applique en revanche dès qu'un logiciel ou un système mémorise vos encaissements.
→ Tout dépend de la mémorisation des encaissementsCe qu'il faut retenir. (1) La loi n'impose pas d'acheter une caisse, mais tout logiciel ou système qui enregistre vos encaissements doit être inaltérable, sécurisé, conservé et archivé. (2) Vous devez détenir, pour votre logiciel et sa version, un certificat d'un organisme accrédité ou une attestation individuelle de l'éditeur : un seul des deux suffit. (3) À défaut, l'amende est de 7 500 € par logiciel, et vous disposez de 30 jours après un contrôle pour produire le justificatif. (4) Les données sont à conserver six ans.
Références : CGI, art. 286, I, 3° bis (obligation) et art. 1770 duodecies (amende) · LPF, art. L. 80 O (contrôle inopiné) et art. L. 102 B (conservation) · BOI-TVA-DECLA-30-10-30 (version du 25 mars 2026) · loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 125 · loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, art. 87 · ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026 (CIBS, art. L. 216-40) · code de la consommation, art. L. 433-4 · code pénal, art. 441-1.
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