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Guide Caisse Restauration

Logiciel de caisse en restauration :
ce que dit la loi.

Si vous encaissez vos clients avec un logiciel ou un système de caisse, la loi impose qu'il soit sécurisé et que vous puissiez le prouver. Voici ce que le texte exige, ce que l'administration contrôle et comment vérifier votre caisse.

Ce que la loi exige de votre caisse

Si vous vendez à des clients particuliers et que vous enregistrez leurs règlements avec un logiciel ou un système de caisse, la loi impose que ce logiciel remplisse quatre conditions : inaltérabilité, sécurisation, conservation et archivage des données (CGI, art. 286, I, 3° bis). Et vous devez pouvoir le prouver, en présentant soit un certificat délivré par un organisme accrédité, soit une attestation individuelle de l'éditeur. Un seul des deux suffit.

Le texte ne cite aucune marque de caisse, ni aucune certification par son nom. Ce qui compte, c'est le document que vous détenez pour votre logiciel, dans la version que vous utilisez.

CGI, art. 286
4 conditions
À remplir par votre logiciel ou système de caisse
  • Inaltérabilité et sécurisation des données
  • Conservation et archivage des données
  • Un justificatif : certificat ou attestation, un seul suffit
Contrôle fiscal
7 500 €
D'amende par logiciel ou système sans justificatif
  • Contrôle inopiné possible dans vos locaux (LPF, art. L. 80 O)
  • 30 jours pour fournir le justificatif : l'amende n'est alors pas appliquée
  • 60 jours après l'amende pour vous mettre en conformité
À partir de 2027
1er sept. 2027
E-reporting pour les PME et les TPE
  • Obligation de la caisse reprise à l'art. L. 216-40 du CIBS dès le 1er janvier 2027
  • Transmission des ventes aux particuliers via une plateforme agréée
  • Obligation distincte de celle de la caisse sécurisée

Sources : CGI, art. 286 et 1770 duodecies · BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-10-30 · LPF, art. L. 80 O

Quels restaurateurs sont concernés ?

Qui est soumis à l'obligation

Qui n'est pas soumis à l'obligation

Précision. La loi ne vous oblige pas à vous équiper d'une caisse : le choix appartient à chaque assujetti (BOI-TVA-DECLA-30-10-30, § 1). L'obligation s'applique dès que vous en utilisez une.

Certificat ou attestation : le document à détenir

Le respect des quatre conditions se justifie par l'un ou l'autre de ces documents. C'est un mode de preuve alternatif : un seul suffit (BOFiP, § 270).

CertificatAttestation individuelle
Qui l'établitUn organisme accrédité (code de la consommation, art. L. 433-4), à la demande de l'éditeurL'éditeur du logiciel, selon un modèle fixé par l'administration (BOI-LETTRE-000242)
Ce qu'il doit indiquerLe logiciel ou système concerné, dans la version que vous utilisezVotre identité (document nominatif), le nom et les références du logiciel, sa version, le numéro de licence s'il en existe un, et la date d'acquisition
Qui vous le remetL'éditeur, à l'achat ou au téléchargementL'éditeur, à l'achat ou au téléchargement, sur papier ou en ligne

Source : BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-10-30, § 270 à 390

Ce que dit la doctrine sur ces documents

Mise à jour légale. La possibilité de justifier la conformité par une attestation individuelle de l'éditeur avait été supprimée en 2025. Elle est de nouveau admise à compter du 21 février 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 125 ; BOFiP, § 270). Si vous avez lu qu'une attestation ne suffisait plus, l'information date.

Comment vérifier votre caisse en quatre étapes

Quelques minutes suffisent pour savoir si vous êtes en règle.

01
Demande

Demandez le document à l'éditeur

Certificat ou attestation individuelle : l'éditeur doit vous le remettre lors de l'achat ou du téléchargement du logiciel.

02
Contrôle

Vérifiez les mentions

Votre identité, le nom du logiciel, sa version, le numéro de licence et la date d'acquisition doivent figurer sur une attestation.

03
Périmètre

Un document par caisse

Chaque logiciel ou système où vous enregistrez des règlements doit avoir son certificat ou son attestation, pour la version utilisée.

04
Conservation

Gardez-le à portée de main

Lors d'un contrôle, les agents vérifient que vous détenez le justificatif de chacun de vos logiciels de caisse.

Contrôle inopiné et amende : ce que risque un restaurateur

Comment se déroule le contrôle

L'amende. Ne pas justifier la conformité d'un logiciel ou système de caisse est sanctionné par une amende de 7 500 € par logiciel ou système concerné (CGI, art. 1770 duodecies). Après l'amende, vous disposez de 60 jours pour vous mettre en conformité, à compter de la remise du procès-verbal. Passé ce délai, l'amende s'applique à nouveau.

Ce qu'il faut savoir en plus

Ce que votre caisse doit enregistrer et conserver

La conformité ne se limite pas à un document : elle suppose un fonctionnement précis du logiciel. D'après le BOFiP :

Une caisse conforme ne suffit pas : encore faut-il le bon taux de TVA

Le certificat ou l'attestation prouve que les données sont inaltérables, conservées et archivées. Il ne dit rien du paramétrage de votre caisse. Une caisse peut être parfaitement conforme et appliquer un mauvais taux sur la vente à emporter, la livraison ou les boissons alcooliques. Les taux dépendent de la nature de la vente : consultez notre guide de la TVA en restauration.

Chez HSN Expertise, nous sécurisons la ventilation des taux dès la configuration de votre logiciel de caisse. Découvrez notre accompagnement d'expert-comptable pour restaurant.

Ce qui change à partir de 2027

Le code des impositions sur les biens et services

Au 1er janvier 2027, l'obligation du 3° bis du I de l'article 286 du CGI est reprise dans le code des impositions sur les biens et services, à l'article L. 216-40 (ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026). Le nouvel article maintient les conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage, et renvoie à un décret pour préciser les caractéristiques des logiciels et systèmes de caisse. Les caractéristiques exactes attendues des logiciels seront donc fixées par ce décret.

L'e-reporting

La transmission à l'administration des données de vos ventes aux particuliers s'appliquera aux PME et aux TPE à compter du 1er septembre 2027, par l'intermédiaire d'une plateforme agréée (calendrier de la DGFiP). C'est une obligation distincte de celle de la caisse sécurisée, mais votre logiciel de caisse peut y jouer un rôle. Voir notre article dédié à l'e-reporting du restaurateur.

Cas pratiques

Quelle est votre situation ?

🍽️

Vous ouvrez un restaurant

Si vous encaissez avec un logiciel ou un système de caisse dès le premier jour, l'obligation s'applique dès le premier encaissement. Le document doit être nominatif : il vise votre logiciel et sa version, pas une marque en général.

→ Demandez le justificatif avant d'encaisser
🔎

Vous recevez un contrôle inopiné

Les agents peuvent se présenter sans prévenir. Si vous ne pouvez pas justifier la conformité sur place, un procès-verbal est dressé, et vous disposez de 30 jours pour produire le certificat ou l'attestation.

→ 30 jours pour produire le justificatif
🔄

Vous changez de logiciel

Le nouveau logiciel doit être accompagné de son propre certificat ou de sa propre attestation. Les archives de l'ancien doivent rester lisibles par l'administration pendant six ans.

→ Conservez les archives de l'ancien système
📒

Vous n'avez qu'un cahier ou un tableur

La loi ne vous oblige pas à vous équiper d'une caisse. L'obligation s'applique en revanche dès qu'un logiciel ou un système mémorise vos encaissements.

→ Tout dépend de la mémorisation des encaissements

Ce qu'il faut retenir. (1) La loi n'impose pas d'acheter une caisse, mais tout logiciel ou système qui enregistre vos encaissements doit être inaltérable, sécurisé, conservé et archivé. (2) Vous devez détenir, pour votre logiciel et sa version, un certificat d'un organisme accrédité ou une attestation individuelle de l'éditeur : un seul des deux suffit. (3) À défaut, l'amende est de 7 500 € par logiciel, et vous disposez de 30 jours après un contrôle pour produire le justificatif. (4) Les données sont à conserver six ans.

Questions fréquentes

Vos questions sur la caisse du restaurateur

Mon logiciel est « certifié NF 525 » : est-ce suffisant ? +
Le texte de loi ne cite aucune norme ni aucune marque. Ce qui compte, c'est de détenir, pour votre logiciel et sa version, un certificat délivré par un organisme accrédité ou une attestation individuelle de l'éditeur. Une mention commerciale sur le site de l'éditeur ou dans ses conditions générales de vente ne vaut pas attestation (BOFiP, § 370). Demandez donc le document lui-même, avec le nom de votre logiciel et son numéro de version.
Je n'ai pas de caisse, seulement un cahier ou un tableur : suis-je concerné ? +
La loi ne vous oblige pas à vous équiper d'une caisse. N'est pas soumis à l'obligation l'assujetti qui suit ses encaissements uniquement avec un facturier, un journal de caisse papier ou un logiciel de bureautique utilisé seulement pour rédiger des factures sans mémoriser les données (BOFiP, § 1). Dès que vous utilisez un logiciel ou un système qui mémorise vos encaissements, l'obligation s'applique.
Quelle amende risque-t-on lors d'un contrôle ? +
L'amende est de 7 500 € par logiciel ou système de caisse dont vous ne pouvez pas justifier la conformité (CGI, art. 1770 duodecies). Si vous fournissez le justificatif dans les 30 jours suivant le procès-verbal, l'amende n'est pas appliquée (LPF, art. L. 80 O). Après l'amende, vous disposez de 60 jours pour vous mettre en conformité. Avec deux caisses non justifiées, l'amende s'applique deux fois.
Je change de logiciel de caisse : que dois-je faire ? +
Demandez à l'éditeur du nouveau logiciel son certificat ou son attestation individuelle avant de l'utiliser : il doit vous le remettre à l'achat ou au téléchargement. Conservez les archives de l'ancien logiciel : elles doivent rester lisibles par l'administration même si vous avez changé de solution (BOFiP, § 230), pendant six ans (LPF, art. L. 102 B). HSN Expertise vous accompagne en cas de changement de solution.
J'ai plusieurs points de vente : faut-il un document par caisse ? +
Oui, un certificat ou une attestation pour chaque logiciel ou système de caisse. Par mesure de tempérament, si les systèmes déployés dans tous les points de vente d'une même entité juridique sont absolument identiques en tout point, un seul document peut suffire (BOFiP, § 280). Dès qu'un point de vente utilise une version ou un paramétrage différent, il faut son propre document.
Combien de temps dois-je conserver les données de ma caisse ? +
Les données doivent être conservées pendant six ans (LPF, art. L. 102 B), ligne par ligne et pas seulement sous la forme des tickets de clôture journalière. Les clôtures journalière, mensuelle et annuelle font partie des données à pouvoir présenter (BOFiP, § 170 à 180 et 220 à 260). Une caisse qui ne permet pas de retrouver ces données après plusieurs années est un risque en cas de contrôle.
La caisse doit-elle changer en 2027 ? +
L'obligation est reprise au 1er janvier 2027 dans le code des impositions sur les biens et services (art. L. 216-40) avec les mêmes conditions. Par ailleurs, à partir du 1er septembre 2027, l'e-reporting des ventes aux particuliers s'appliquera aux PME et aux TPE : votre caisse devra pouvoir alimenter une plateforme agréée. Notre article sur l'e-reporting du restaurateur détaille ce point.

Références : CGI, art. 286, I, 3° bis (obligation) et art. 1770 duodecies (amende) · LPF, art. L. 80 O (contrôle inopiné) et art. L. 102 B (conservation) · BOI-TVA-DECLA-30-10-30 (version du 25 mars 2026) · loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 125 · loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, art. 87 · ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026 (CIBS, art. L. 216-40) · code de la consommation, art. L. 433-4 · code pénal, art. 441-1.

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