Reversement, cotisations sociales, TVA, impôt des salariés, risque pénal : ce que doit savoir l'employeur sur les pourboires, à la lumière de l'arrêt de la Cour de cassation du 5 juin 2025.
Un client laisse un pourboire sur la table, ou l'ajoute sur le terminal de paiement : l'argent est pour l'équipe. Dès que cette somme transite par l'entreprise, le dirigeant devient responsable de sa répartition, de son traitement en paie et de son traitement fiscal. Les règles sont plus strictes qu'on ne le croit souvent, et une décision de la Cour de cassation de 2025 a de quoi surprendre.
Cet article fait le point côté employeur : ce que dit le code du travail, ce que juge la Cour de cassation sur les cotisations, l'impôt sur le revenu des salariés, la TVA et le risque de travail dissimulé.
Sources : code du travail, art. L. 3244-1 et L. 3244-2 · Cass. civ. 2e, 5 juin 2025, n° 23-13.543 · BOFiP, BOI-RSA-CHAMP-20-10 et BOI-TVA-BASE-10-20-40-20
À retenir. La décision vise les pourboires remis à l'employeur pour être reversés au personnel. Elle ne concerne pas ceux que le client remet directement au salarié, sans passage par l'entreprise.
Espèces en salle, ligne dédiée sur le terminal de paiement, virement : notez par où passe chaque pourboire avant de décider de son traitement.
Clé de répartition, fréquence, bénéficiaires : formalisez-la par écrit et communiquez-la à l'équipe. Elle doit respecter l'obligation de reverser l'intégralité au personnel en contact avec la clientèle.
Les pourboires remis à l'employeur sont soumis à cotisations : leur traitement en paie doit en tenir compte. C'est le point à faire valider en priorité.
Un pourboire encaissé par carte transite en compte d'attente : il doit être suivi et soldé, pas confondu avec votre chiffre d'affaires.
Les clients déposent des espèces dans une boîte commune, que vous répartissez ensuite. Les sommes sont centralisées par l'employeur : elles doivent être reversées intégralement au personnel en contact avec la clientèle.
→ Reversement intégral, cotisations duesIl est encaissé par l'entreprise puis reversé aux salariés, en passant par un compte d'attente. La Cour de cassation a jugé ce circuit soumis à cotisations sociales.
→ Soumis à cotisations (Cass. 2025)Le client donne directement au serveur, sans passage par l'entreprise. L'arrêt de 2025 ne vise pas ce cas ; pour l'impôt sur le revenu du salarié, l'exonération jusqu'à 1,6 SMIC s'applique.
→ Hors du champ de l'arrêt de 2025Un service obligatoire n'est pas un pourboire : il fait partie de la base de la TVA. Seuls les pourboires volontaires ajoutés librement par le client en sont exclus.
→ Service obligatoire : taxéCe qu'il faut retenir. (1) Les pourboires remis à l'employeur ou centralisés par lui doivent être intégralement reversés au personnel en contact avec la clientèle. (2) Ils sont soumis à cotisations sociales lorsqu'ils transitent par l'employeur (Cass. civ. 2e, 5 juin 2025). (3) Pour le salarié, l'impôt sur le revenu est exonéré jusqu'à 1,6 SMIC de rémunération mensuelle, jusqu'au 31 décembre 2028. (4) Un pourboire centralisé et non reversé expose l'employeur au délit de travail dissimulé.
Références : code du travail, art. L. 3244-1 et L. 3244-2 · code de la sécurité sociale, art. L. 242-1 · Cass. civ. 2e, 5 juin 2025, n° 23-13.543 · Cass. crim., 1er décembre 2015, n° 14-85.480 · BOFiP, BOI-RSA-CHAMP-20-10 (§ 90 et 95) et BOI-TVA-BASE-10-20-40-20 · loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, art. 5.
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